Point de vue

  • 17 Avril 2020
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Voilà plusieurs mois maintenant que La faute aux écrans tente modestement d’informer les parents sur les écrans et de les aider à trouver un équilibre dans l’utilisation de ces outils au sein de leur famille. Sur un ton pédagogique, La faute aux écrans évite avant tout de culpabiliser les parents. Alors aujourd’hui plus que jamais avec le confinement, cette tolérance dans les pratiques numériques des familles est de rigueur et prend tout son sens.

Que ferait-on à l'heure actuelle sans écrans ?

Les discours alarmistes sur les écrans, qui m’ont longtemps fait culpabiliser en tant que mère et qui ont grandement inspiré la création de La faute aux écrans, semblent avoir pris un petit coup de vieux depuis quelques semaines… À l’heure où l’on doit rester enfermés entre quatre murs, les écrans nous permettent de rester en lien avec nos proches, de poursuivre à minima la scolarité des enfants, de continuer à travailler, de se détendre, de s’informer, s’instruire, etc. Qui peut alors nier, à l’instar de ce que nous vivons aujourd’hui, que les écrans ne sont pas salvateurs dans certaines familles ? Qui peut encore dire de façon binaire que le numérique détruit les relations humaines et nous éloigne les uns des autres ?

J’entends déjà les détracteurs des écrans rappeler leur dangerosité extrême, nous dire que passer tant d’heures par jour est terrible pour un enfant, qu’ils vont devenir des « crétins digitaux », qu’il est temps que les parents prennent leurs responsabilités, etc. Il ne faut pas nier les dangers des expositions prolongées devant les écrans (spécifiquement pour les moins de 3 ans), bien au contraire. Il est évident qu'en ce moment, des enfants passent des journées entières, rivés devant des écrans et il y aura certainement des conséquences sanitaires et sociales pour eux. Mais ce n'est pas en infantilisant les parents, en leur vendant un modèle de famille parfaite et en déverseant un flot d'études scientifiques abstraites, que l'on parviendra à changer les pratiques.

L'importance d'informer sans culpabiliser

Pendant que des familles - qui pour la plupart sont d’ores et déjà sensibilisées aux dangers des écrans - vivent en maison avec jardin, occupent leurs enfants avec des jeux traditionnels et ont un budget pour acheter du matériel de loisir créatif… d’autres familles, elles, vivent avec les écrans allumés du matin au soir et la télé en fond sonore alors que personne ne la regarde. Dans ces familles, les enfants n’ont jamais réalisé de puzzles, de tour de cubes, construit de cabane, les livres sont inexistants et l’histoire du soir est remplacée par un dessin animé.

Ces familles font ce qu’elles peuvent avec le bagage social et éducatif dont elles disposent. Les conseils paternalistes n’arrivent pas à leurs oreilles désinformées et découragent les familles qui tentent, mais ont l'impression d'être tout le temps en échec. La prose anti-écrans fait le buzz, fonctionne le temps de la lecture d’un article et disparaît… elle est, à mon sens, anti-productive et inefficace sur la durée.

Au lieu de donner des chiffres culpabilisants ou des conseils inapplicables car trop restrictifs ou inadaptés aux familles, ne serait-il pas temps de faire une peu de pédagogie ? Va-t-on enfin prendre conscience de l’importance de former parents, enfants, enseignants et professionnels de l'enfance à la culture numérique et à l’éducation aux médias ? Est-ce que ce confinement va faire réaliser aux pouvoirs publics que le numérique n’est pas inné mais qu’il s’apprend ?

Connaître les conséquences d’une surexposition aux écrans, savoir vérifier une information, protéger ses données personnelles, choisir un jeu vidéo adapté à l’âge de son enfant, comprendre les émotions de son enfant… toutes ces informations devraient être facilement disponibles pour aider les parents qui le souhaitent. Être parent n’est pas livré avec un mode d’emploi, pour certain la tâche semble évidente, pour d’autres, elle doit être accompagnée.

Faire de son mieux

Parents, en attendant, pendant ce confinement, faites au mieux, soyez en accord avec vos choix. Pour certains, c'est le moment idéal pour s'interroger sur l'utilisation des écrans à la maison et tester de nouvelles habitudes, pour d'autres au contraire, on attendra le retour progressif à la normale, vous pouvez toujours surfer sur mon site pour y piocher ce qui vous parle.

Vous trouverez plein d'infos aussi sur la page Facebook. N'hésitez pas également à rejoindre le groupe privé Facebook pour partager vos difficultés, vos réussites, vos tentatives… La faute aux écrans est là pour vous accompagner et vous aider à créer une parentalité numérique à votre image, adaptée à votre famille et vos enfants.

Bon courage à tous,

Julie