Confinement : l’exposition aux écrans explose… et c’est bien normal

La nounou numérique est partout décriée depuis plusieurs années et combien d’entre nous n’ont pas déjà culpabilisés en laissant le petit dernier devant un dessin-animé pour avoir un moment de tranquilité… (si ce n’est pas votre cas, vous pouvez arrêter la lecture là wink). Le confinement n’arrange pas les choses, surtout pour les parents solo ou qui télétravaillent. Qu’on le veuille ou non, les écrans font partie de nos vies et il est compliqué d’y échapper. Cela ne veut pas dire qu’il est impossible de les maîtriser.

 

Combien d’heures je vous prie ?

Lorsque je suis en « atelier écrans », la question qui revient le plus souvent chez les parents est : combien de temps peut-on les laisser devant un écran ? Je me garde bien de leur donner un temps idéal d’exposition et préfère proposer des recommandations. Je laisse ainsi le soin aux parents d’adapter ces temps en fonction de leur rythme de vie, de la personnalité de leurs enfants et de ce qui leur semble tout simplement possible à mettre en place au sein de leur foyer1.

Déjà très présents dans nos quotidiens pour une grande majorité des enfants, il est encore plus difficile, en ces temps de confinement, de respecter un planning ou les quelques règles que vous aviez peut-être déjà mises en place. Avec la continuité pédagogique, les heures d’exposition explosent et mieux vaut éviter de les additionner…

Plus qu’au nombre d’heures passées devant l’écran, il faut s’intéresser de près aux programmes regardés en exigeant de la qualité et en réduisant les contenus destinés uniquement au divertissement.


Mais que font-ils devant les écrans ?

La majorité des enfants a une utilisation dite « récréative » des écrans. Les adolescentes fréquentent plus les réseaux sociaux tandis que les garçons jouent davantage aux jeux vidéos2. Ados ou pré-ados, filles ou garçons, passent beaucoup de temps sur le net devant des Youtubers ou des clips vidéos. Les plus petits quant à eux, jouent sur tablette ou smartphone, regardent les dessins-animés à la télévision ou des vidéos jeunesse sur Youtube (comptines, dessins animés, vidéos promotionnelles de jouets, etc.)3.

S’ajoute à ces temps récréatifs, l’école à la maison : émissions pédagogiques, visites interactives de lieux culturels, podcasts, Pronote, classes virtuelles, etc. Autrefois minoritaires, ces temps d’écrans pédagogiques ont fortement augmentés depuis le confinement. La bonne veille télévision est elle aussi toujours très présente dans nos foyers et sert encore de média informationnel et distractif. Enfin, les plateformes de vidéo à la demande accaparent également un temps de plus en plus important.

 

Catégorisez les contenus

On remarque donc des temps, que l’on peut qualifier de prioritaires (école à la maison), et des temps d’écrans plus facultatifs ayant pour objectif de nous distraire (réseaux sociaux, jeux vidéos, Youtube…).

Même si le divertissement est très important pour le bien-être de la famille pendant le confinement, il faut savoir équilibrer les contenus. C’est à vous de déterminer ce qui vous semble facultatif et sélectionner les programmes qui, selon vous, « volent du temps » à vos enfants. Ces temps volés n’ont souvent pas d’intérêt informationnel, ni relationnel, ne vont pas apporter de plaisir à vos enfants, au contraire, ils vont les sur-stimuler4, les exciter ou les angoisser. Il peut également s’agir de vidéos de désinformation, elles pullulent sur Youtube et font croire tout et n’importe quoi à nos enfants. Leur objectif est de maximiser les clics car c’est comme cela qu’elles gagnent de l’argent.

Ces moments volés par les écrans peuvent être remplacés par des activités traditionnelles. Assurez-vous que ce moment soit agréable et plaise à vos enfants. Évitez de les faire ranger leur chambre par exemple, ils prendront cela comme une punition et retourneront vite devant les écrans !

 

Alternez les activités

Pour éviter que vos enfants passent plus de deux heures d’affilée devant un écran, rythmer la journée s’avère une bonne solution. N’hésitez pas à imposer une alternance des activités : un temps d’écran + un temps sans écran + un temps d’écran + un temps sans écran …

Vous pouvez accrocher une liste d’activités sur le frigo pour que vos enfants y piochent des idées s’ils sont en manque d’inspiration (ce qui est très souvent le cas…). Tout le monde n’est pas friand des plannings, pourtant, ils peuvent être efficaces et rassurer les enfants. Le fait de proposer un cadre défini (mais pas trop strict quand même) encourage les enfants à se détacher des écrans et les rend plus autonomes.


Liens utiles

J’ai créé une liste de liens vers des sites de qualité, éducatifs et pédagogiques (et gratuits), le tout classé par catégorie. Si vous connaissez d'autres sites, n'hésitez pas à m'envoyer les liens pour compléter la liste.

 

Notes
Pour les moins de 2 ans l’exposition est à proscrire afin de protéger leur développement sensori-moteur.
2 https://lebonusagedesecrans.fr/les-ecrans-et-votre-entourage/adolescents-ecrans/
3 https://www.ipsos.com/fr-fr/junior-connect-2018-jeunes-et-medias-une-consommation-toujours-dynamique-et-diversifiee

4 Les écrans juste avant l’école à la maison ne favorisent pas un bon apprentissage. Ils vont fatiguer le cerveau de l’enfant qui aura du mal à rester concentré sur son travail et donc à bien apprendre.
5 Il est conseillé d’éteindre tous les écrans au moins 1h avant d’aller au lit. La lumière bleue des écrans et les stimuli visuels et sonores, retardent l’entrée dans le sommeil.
6 Jeux vidéos, dessins-animés, films, journal télévisé… provoquent parfois des émotions que nous ne pouvons pas soupçonner. Il suffit parfois d’une image, d’une ambiance angoissante, d’une musique troublante, pour marquer un enfant. Les signalétiques PEGI et CSA vous assurent que le contenu est bien adapté à l’âge de votre enfant.