8 conseils pour gérer les écrans avec un ado

  • 26 Mai 2020
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Votre ado passe sa vie devant sa console ou son smartphone et vous n'en pouvez plus. Comment réduire son temps d'exposition aux écrans sans conflits ? Voici 8 conseils pour vous aider.  


1. Mieux vaut tard que jamais

Beaucoup de parents imaginent qu'instaurer des règles à l'adolescence est voué à l'échec. Il n'est pourtant jamais trop tard pour changer la donne. Évidemment, il est plus simple de mettre en place des habitudes dès la petite enfance, mais tout est encore possible après. Un adolescent a encore besoin de ses parents et ceux-ci ont toute leur place dans cette période de bouleversement physique et psychique. Même si son attitude d'éloignement montre le contraire, l'adolescent doit pouvoir compter sur ses parents pour se construire, ils restent les garants d'un cadre et doivent continuer à poser des limites si besoin. Paradoxalement, imposer des limites rassure un enfant. Les écrans ne doivent pas échapper à ces règles.

 

2. Je prépare le terrain

Les adolescents peuvent avoir des réactions émotionnelles très fortes lorsqu’on leur réduit leur temps d’écran, surtout s’ils n’ont jamais été limités ou contraints dans leur pratique. Ces réactions n’ont pas pour intention de vous nuire mais peuvent être vraiment déstabilisantes et démoralisantes. C'est souvent la colère qui parle, l'adolescent ne souhaitant pas que l'on bouleverse ses habitudes et qu'on limite ses plaisirs. Il va falloir l'accompagner dans ce changement, doucement mais sûrement.

Pour cela, il peut être utile de préparer son argumentaire. Si cela peut vous aider, notez par écrit vos arguments (ce qui ne vous convient pas dans son usage des écrans, ce que vous voudriez qu'il change, pourquoi c'est important pour vous, pour la famille et pour lui, etc.) afin d'être le plus naturel possible le jour J, ne rien oubliez et surtout évitez de vous laisser emporter par l'émotion. Choisissez un moment où tout le monde est bien disposé et expliquez simplement mais précisement pourquoi vous souhaitez qu'il passe moins de temps devant les écrans. Essayez enfin de mettre de côté le principe éducatif dominant/dominé. Il faut trouver le juste milieu entre autoritarisme et laxisme... pas toujours facile j'en conviens...


3. Je suis à l'écoute et j'ajuste
Après avoir exposé vos arguments, demandez à votre adolescent ce qu'il en pense et s'il a bien compris ce que vous attendiez de lui. Faites-le éventuellement reformuler vos demandes pour vous assurer qu'elles ont bien été prises en compte. À partir de là, soyez à l'écoute. Laissez votre adolescent donner son point de vue sans l'interrompre, sans jugement, sans l'analyser ou le conseiller (c'est le principe de l'écoute active qui peut être très efficace, encore faut-il la maîtriser). Il va légitimement négocier. Ajustez si besoin vos exigences, si les demandes de l'enfant vous paraissent raisonnables. Vous pouvez même établir une liste de règles en concertation. L'avis de l'adolescent pris en compte, il accceptera plus facilement les contraintes imposées. Mais tout dépend du caractère de l'enfant et de son degré de dépendance à l'écran, parfois la concertation n'est pas possible.



4. J'ai un esprit positif, mais déterminé
En ce qui concerne les écrans, inutile d'abuser des injonctions, punitions et autres sanctions qui sont inefficaces, du moins à long terme. Il faut évoquer le sujet positivement et adapter les règles en fonction du rythme de vie de votre famille et de la personnalité de votre enfant. N'en demandez peut-être pas trop au début, soyez réaliste.

Vous devez également choisir le bon moment pour mettre en place de nouvelles règles. N
e démarrez pas la mise en place de règles si vous êtes fatigué ou que quelque-chose ne va pas actuellement dans votre vie... attendez d'être entièrement disposé

Être positif ne veut pas dire ne pas être ferme et déterminé. Si vous êtes sûr de vos choix, dites-le : "je vois bien que ces nouvelles règles ne te conviennent pas, mais je ne changerai pas d'avis sur cette nouvelle organisation". L'idée, c'est aussi de verbaliser votre ressenti par rapport à leur usage des écrans, leur dire par exemple que vous vous inquiétez pour leur avenir, que vous souhaiteriez qu'ils deviennent autonomes, responsables, ouverts aux autres, tournés vers la nature, curieux du monde qui les entourent. À vous de trouver l'argument qui vous correspond le mieux.

 

5. Je mets un contrôle parental
Cela paraît une évidence mais le contrôle parental n'est pas un réflexe pour tous les parents. Il peut pourtant s'avérer très utile pour aider l'enfant à s'auto-réguler dans sa pratique (en définissant des horaires d'utilisation), lui imposer des limites essentielles à sa santé (comme la préservation de son sommeil en verrouillant automatiquement l'écran de votre enfant à l'heure du coucher) ou encore le protéger des contenus inappropriés (en bloquant certaines applications).
Aucun contrôle parental ne remplacera en revanche le dialogue avec votre enfant et votre présence dans l'usage des outils numériques.  
Voici les liens vers les pages d'assistance d'installation du contrôle parental chez les principaux opérateurs, consoles de jeux et moteurs de recherches :


Sinon, le site Pédagojeux vous explique pas à pas comment utiliser le contrôle parental sur différents appareils.

6. J'enlève les écrans de sa chambre (au moins la nuit)

Chez un ado, une bonne qualité de sommeil est déterminante pour l'équilibre psychologique et l'acquisition des apprentissages. Un ado qui dort mal a plus de difficulté à gérer ses émotions, à rester concentré et attentif. Selon l'Inserm, "Le manque de sommeil chez les adolescents peut compromettre leur réussite scolaire, leur santé et leur sécurité. Un sommeil court ou trop tardif a des conséquences sur les performances scolaires.Ne pas avoir d'écran dans la chambre permet aussi d'avoir un oeil sur les contenus que regarde votre ado. Dans l'idéal, il faudrait arrêter tous les écrans au moins 1h avant d'aller au lit, enfants, comme parents...

En France, un adulte dort en moyenne 6h42 par 24h, soit pour la première fois en dessous des 7h minimales quotidiennes habituellement recommandées pour une bonne récupération (Baromètre Santé Publique 2017). Même si les écrans ne sont pas les seuls coupables de ce déclin de sommeil, il est essentiel de préserver nos enfants, en plein développement, de ces nuits trop courtes.
 

7. Je mets de côté tous les écrans pendant les repas 

Le repas reste souvent le dernier moment de partage en famille durant la semaine de travail. C'est ici que vous apprenez comment s'est passée la journée de vos ados au collège ou au lycée. Durant cette pause digitale, en étant pleinement présent pour vos enfants et adolescents, vous leur offrez, même sur un temps court, ce dont il ont besoin : de l'attention et de l'échange, essentiel à leur développement affectif. C'est aussi pendant les repas que des discussions naissent à propos de l'actualité par exemple. En laissant votre ado exprimer ses opinions (même si elles diffèrent des vôtres), il construit ses points de vue, sa vision du monde, son identité et son esprit critique. Cette interaction verbale est bien plus riche en terme d'apprentissages que n'importe quel débat télévisuel. Alors on dépose tous les écrans dans un lieu à part (ou un panier) loin de la table et on coupe la télévision.  

 

8. J'écoute et j'encourage

Les écrans cristallisent de nombreuses tensions dans une famille et nous avons tendance à pointer le négatif dans l'attitude de nos enfants plutôt que le positif. Pourtant, on sait bien qu'en passant notre temps à les critiquer, ils finissent par se décourager et n'essayent même plus de nous faire plaisir. 

Prenons donc le temps d'observer les efforts de nos enfants, même s'ils sont minimes. Pointons ces efforts en les encourageant. Mais, attention, inutile d'en faire trop, ce serait même anti-productif. Pour cela, il faut valoriser l'acte en le décrivant et en insistant sur la compétence : "tu as arrêté la console tout de suite quand je te l'ai demandé et sans râler, c'est super de ne pas avoir à répéter cent fois la même chose".

Les encouragements valorisent les efforts de l'adolescent et lui donnent l'envie d'aller de l'avant. C'est le meilleur moyen de le motiver pour réguler sa pratique des écrans et au final, qu'il accepte vos règles.